Partie B · Références · Chapitre 8
Références particulières Special datums
Un axe, un plan médian, deux portées prises ensemble, trois points d’appui : tous les éléments de référence ne sont pas des faces planes. Et l’ordre dans lequel le cadre cite les références change le résultat.
Publié · version 1.0 · 17 octobre 2026. Validé par l’éditeur : 6 valeurs recalculées à chaque construction, liens et cohérence vérifiés. Pour une décision contractuelle, la règle se lit dans le texte de la norme.
Étapes de la chaîne traitées par ce chapitre : Plan 2D, Interprétation, Pièce réelle, CMM / MMT.
Sur cette page
Axe et plan médian : des références qui se calculent
Quand le triangle est aligné avec une cote de diamètre ou de largeur, la référence est un axe ou un plan médian. Aucun stylet ne touche un axe : la machine palpe la surface, le logiciel associe un cylindre ou deux plans parallèles, et la référence est l’axe ou le plan médian de cet élément associé.
La qualité de cette référence dépend de la longueur de la portée. Sur une portée courte, l’effet d’une petite erreur de direction grandit avec la distance.
Légende : Zone de toléranceGéométrie théoriqueRéférenceMatière
Hypothèses et unités de la figure
- Calcul
- 0,004 ÷ 10 × 120 = 0,048 (recalculé).
- Amplification
- Angle du cône très amplifié.
- Statut
- Graphique : redessiné. Technique : validé (v1.0).
Données
Portée B : longueur 10. Erreur sur la direction de l’axe : 0,004 sur cette longueur. Élément contrôlé à 120 du milieu de la portée.
Calcul
0,004 ÷ 10 × 120
Résultat
0,048 d’écart apparent à 120 mm : douze fois l’erreur de départ.
Décision
En coaxialité, cet écart compte double : 2 × 0,048 = Ø0,096. À elle seule, l’erreur de la référence vaut presque toute une tolérance de Ø0,1.
Une portée courte donne une direction fragile. Si le plan en fait la seule référence d’orientation, le signaler : une face d’appui en primaire ou une référence commune sur deux portées éloignées sont plus robustes.
Axe. Au moins deux sections aussi éloignées que la portée le permet, ou un balayage en hélice ; associer un cylindre. Plan médian. Palper les deux flancs et associer deux plans parallèles en une seule opération.
Les modificateurs M et L placés après une lettre de référence ne concernent que les références établies sur une entité dimensionnelle. Leurs règles relèvent d’ISO 2692 : chapitre 23.
La référence commune
Un arbre guidé par deux roulements tourne autour d’un axe qui n’est celui d’aucune des deux portées : c’est l’axe de l’ensemble. Le plan le traduit par une référence commune.
Légende : Élément réelRéférenceMatière
Hypothèses et unités de la figure
- Statut
- Graphique : redessiné. Technique : validé (v1.0).
Une référence spécifiée commune est établie à partir d’au moins deux éléments de référence considérés simultanément. Elle s’écrit dans une seule case, les lettres séparées par un tiret.
Rapporté d’après les sources publiques de la norme (registre N02) ; en cas de litige, le texte officiel fait foi.
| Écriture | Signification | Conséquence pour le contrôle |
|---|---|---|
| A–B | Une seule référence, établie sur les deux portées à la fois | Aucune portée n’a priorité ; les deux sont associées ensemble |
| AB | Deux références : A d’abord, B ensuite, sous la contrainte de A | A impose l’axe ; B ne peut plus le réorienter |
Associer les deux portées en une seule opération : deux cylindres coaxiaux, ajustés ensemble. La droite passant par les centres de deux cercles n’en est qu’une approximation, acceptable si les portées sont courtes devant leur écartement.
Prendre l’axe de A seule, puis contrôler le reste de l’arbre. L’écart de direction entre l’axe de A et l’axe commun, amplifié par la distance, s’ajoute alors à tous les résultats.
Les références partielles
Sur une pièce brute de fonderie ou de forge, une tôle ou une grande surface peu rigide, la face entière ne peut pas servir d’appui : sa forme n’est pas maîtrisée. Le plan désigne alors les endroits précis où la pièce doit reposer.
Vue de dessus : trois références partielles
Vue de côté : la pièce sur ses appuis
Légende : RéférenceMatière
Hypothèses et unités de la figure
- Statut
- Graphique : redessiné. Technique : validé (v1.0).
Une référence partielle est une partie d’un élément de référence : nominalement un point, une portion de ligne ou une zone. Elle est repérée par un cadre circulaire divisé en deux compartiments, qui porte la lettre et un numéro, et elle est située par des cotes théoriques.
Rapporté d’après les sources publiques de la norme (registre N02) ; en cas de litige, le texte officiel fait foi.
Palper aux emplacements donnés par les cotes théoriques, pas ailleurs. Pour une zone, répartir les points dans la zone indiquée. Le montage de contrôle doit offrir les mêmes appuis, sinon la pièce n’est pas dans l’état défini par le plan.
Les références partielles reproduisent les appuis du montage d’usinage ou de l’assemblage. Portés sur un dessin, les six appuis de la méthode 3-2-1 seraient les références partielles A1, A2, A3, B1, B2 et C1.
L’ordre des références
Deux chants d’une plaque ne sont jamais exactement d’équerre. Celui que le cadre cite en premier impose sa direction ; l’autre s’y adapte et ne fournit plus qu’un arrêt. Inverser leur ordre fait tourner tout le repère. L’exemple reprend la plaque du chapitre 4.
Cadre Ø0,1ABC
B en secondaire : tout le chant inférieur porte.
Cadre Ø0,1ACB
C en secondaire : tout le chant gauche porte.
Légende : Zone de toléranceÉlément réelRéférenceMatière
Hypothèses et unités de la figure
- Calcul
- Repère A|C|B tourné de θ = 0,10 ÷ 40 = 0,0025 rad ; X = 29,990, Y = 20,075 ; écarts Ø0,08 et Ø0,15 (fonction repereACB, recalculé).
- Amplification
- Défaut d’équerre et écarts amplifiés.
- Statut
- Graphique : redessiné. Technique : validé (v1.0).
Données
Trou à 30 de C et à 20 de B, localisation Ø0,1. L’angle entre les chants B et C est ouvert de 0,10 sur 40. Axe mesuré dans le repère du cadre A B C : X = 30,040 ; Y = 20,000.
Calcul
Écart de localisation = 2 × √(Δx² + Δy²). Δx et Δy : écarts de l’axe à sa position théorique, dans le repère du cadre.
Résultat
Ø0,08 avec B en secondaire. Ø0,15 avec C en secondaire.
Décision
Mêmes points palpés, deux verdicts : conforme dans un cas, non conforme dans l’autre.
| Cadre | Axe mesuré, X et Y | Δx | Δy | Écart = 2 × √(Δx² + Δy²) | Verdict |
|---|---|---|---|---|---|
| Ø0,1ABC | 30,040 et 20,000 | +0,040 | 0,000 | 2 × 0,040 = Ø0,08 | Conforme |
| Ø0,1ACB | 29,990 et 20,075 | −0,010 | +0,075 | 2 × √(0,010² + 0,075²) = Ø0,15 | Non conforme |
L’ordre des références reproduit l’ordre de montage : la face qui plaque en premier est primaire, celle qui vient ensuite en butée est secondaire. Le changer, c’est contrôler une autre mise en position que celle de la pièce montée.
Aligner la pièce dans l’ordre le plus commode pour le bridage ou le palpage, puis évaluer toutes les tolérances dans cet alignement. L’ordre du cadre ne se choisit pas : il se lit.
La partie B en un tableau
Cinq indications couvrent la plupart des références rencontrées sur un plan. Pour chacune : la référence obtenue, ce qu’elle peut bloquer quand elle est primaire, et ce qu’il faut faire sur la machine.
| Indication sur le plan | Référence | Peut bloquer | Sur MMT |
|---|---|---|---|
| A, triangle sur une face | Plan | 1 translation, 2 rotations | Toute la face ; critère d’association noté |
| B, triangle aligné sur un diamètre | Axe | 2 translations, 2 rotations | Cylindre associé sur toute la portée |
| C, triangle aligné sur une largeur | Plan médian | 1 translation, 2 rotations | Deux plans parallèles associés ensemble |
| A–B dans une seule case | Référence commune | Selon les éléments réunis | Éléments associés en une seule opération |
| A1, A2, A3, cadres circulaires | Plan, sur trois appuis | 1 translation, 2 rotations | Palper aux emplacements cotés |
Six questions avant de mesurer
- Quels éléments de référence le plan désigne-t-il ? Le triangle vise-t-il la surface ou l’entité dimensionnelle ?
- Dans quel ordre le cadre cite-t-il les références ?
- Quels mouvements chaque référence supprime-t-elle ? En reste-t-il, et la tolérance en a-t-elle besoin ?
- Y a-t-il une référence commune ou des références partielles ?
- Quel critère d’association s’applique ? Le défaut de forme de l’élément de référence est-il petit devant la tolérance ?
- Le repère d’évaluation du logiciel est-il bien celui du cadre, et non l’alignement de base ?
- Un axe ou un plan médian de référence se calcule ; sa qualité dépend de la longueur de la portée.
- A–B dans une seule case : une référence unique, établie sur deux éléments à la fois.
- Les références partielles fixent les points d’appui : on palpe là où le plan le dit.
- Changer l’ordre des références change le résultat, et parfois le verdict.