Partie G · Exigences de matière · Chapitre 23
Modificateurs sur les références Material modifiers on datums
Le symbole M peut aussi suivre une lettre de référence. La référence n’est plus serrée dans son alésage : c’est une pige de taille fixe, qui a du jeu. Ce jeu laisse le repère se déplacer. Ce n’est pas une tolérance de plus.
Publié · version 1.0 · 17 octobre 2026. Validé par l’éditeur : 9 valeurs recalculées à chaque construction, liens et cohérence vérifiés. Pour une décision contractuelle, la règle se lit dans le texte de la norme.
Étapes de la chaîne traitées par ce chapitre : Plan 2D, Interprétation, Pièce réelle, CMM / MMT, Résultat, Décision.
Sur cette page
Une référence à taille fixe
Sans modificateur, une référence prise sur un alésage est l’axe du cylindre associé : le plus grand qui y entre, comme un mandrin expansible (chapitre 6). Avec M après la lettre, le plan la remplace par une pige de diamètre fixe, celui de l’état virtuel de l’alésage. Dès que l’alésage est plus grand que cette pige, la pièce a du jeu.
Sans modificateur : la référence épouse l’alésage
Référence au maximum de matière : pige fixe
Légende : RéférenceZone de toléranceMatière
Hypothèses et unités de la figure
- Calcul
- jeu = (20,040 − 20,000) ÷ 2 = 0,020 (fonction jeuReference, testée).
- Statut
- Graphique : redessiné. Technique : validé (v1.0).
Taille fixe. Une lettre de référence suivie de M conduit à un élément associé de taille fixe, définie par l’état virtuel.
Règle E. L’état virtuel de l’élément de référence ne doit pas être franchi par la surface extraite de cet élément.
Un seul état virtuel. Les états virtuels de l’élément tolérancé et de l’élément de référence sont liés entre eux en orientation et en position : ils forment un état virtuel combiné.
Condition. M après une lettre de référence n’est possible que si la référence est obtenue d’une entité dimensionnelle linéaire.
Rapporté d’après les sources publiques de la norme (registre N08) ; en cas de litige, le texte officiel fait foi.
Quelle taille pour la pige ?
| Indication | Taille fixe de la référence | Alésage B : Ø20 +0,05/0 |
|---|---|---|
| B M ; l’alésage ne porte aucune tolérance géométrique dont la valeur soit suivie de M | Sa taille au maximum de matière : règle F | Pige de Ø20,000 |
| B M ; l’alésage porte une tolérance géométrique suivie de M, qui répond à la règle G | MMS − t pour un alésage, MMS + t pour un arbre | Avec Ø0,02 M A : pige de Ø19,980 |
| B L | Sa taille virtuelle au minimum de matière | Ø20,050 : aucune pige ne la matérialise, elle se traite par le calcul |
Règle G. Une tolérance géométrique de l’élément de référence, dont la valeur est suivie de M, n’entre dans sa taille virtuelle que dans deux cas : une tolérance de forme, quand la référence est primaire dans le cadre qui la cite avec M ; une tolérance d’orientation ou de position, quand ses propres références sont celles que ce cadre cite avant elle, dans le même ordre. Sinon, la règle F s’applique.
Rapporté d’après les sources publiques de la norme (registre N08) ; en cas de litige, le texte officiel fait foi.
Vocabulaire. Depuis l’édition 2009, les modificateurs d’une référence se nomment MMB, LMB et RMB : maximum, least et regardless of material boundary. RMB est le cas par défaut, sans symbole. La frontière tient compte de la tolérance géométrique de l’élément de référence, comme en ISO. Les plans plus anciens parlent encore de MMC sur une référence. Le déplacement permis se nomme datum shift.
Rapporté d’après les sources publiques de la norme (registre N21) ; en cas de litige, le texte officiel fait foi.
La mobilité n’est pas un bonus
Le plan
Son calibre, en coupe
Légende : MatièreRéférence
Hypothèses et unités de la figure
- Statut
- Graphique : redessiné. Technique : validé (v1.0).
- 12× Ø8 +0,1/0 : les deux trous tolérancés.
- 2Ø0,1 M CZ : localisation au maximum de matière. CZ lie les deux zones : dès que l’exigence vise plusieurs éléments, ISO 2692:2021 impose d’écrire CZ ou SZ.
- 3B M : la référence B est prise à sa taille virtuelle.
- 4Triangle dans le prolongement de la cote Ø20 : B est l’axe de l’alésage.
Calcul 1 · Jeu de la référence B
Données
Alésage B mesuré : D = 20,040. Aucune tolérance géométrique suivie de M : pige de Ø20,000.
Formule
jeu = (D − MMVS) ÷ 2
Substitution
(20,040 − 20,000) ÷ 2
Résultat
0,020
Le calibre peut se déplacer de 0,020 dans toutes les directions. Pour un alésage de 20,000, il ne bouge pas.
Calcul 2 · Tolérance de chaque trou
Données
Trous mesurés : D = 8,030. Localisation Ø0,1 M.
Formule
permis = t + (D − MMS)
Substitution
0,1 + (8,030 − 8,000)
Résultat
Ø0,130
Chaque axe peut s’écarter de Ø0,130 de sa position sur le calibre. Taille virtuelle des trous : Ø7,9.
Calcul 3 · Pièce 1 : les deux trous décalés du même côté
Données
B centré sur sa pige : trou 1 à +0,050, trou 2 à +0,070, le long de la ligne des trous.
Formule
écart = 2 × |Δ − s| avec |s| ≤ jeu
Substitution
s = +0,020 ; 2 × 0,030 et 2 × 0,050
Résultat
Ø0,060 et Ø0,100
Conforme : les deux écarts sont sous Ø0,130. B centré, le trou 2 était à Ø0,140 : refusé.
Calcul 4 · Pièce 2 : entraxe trop long
Données
B centré sur sa pige : trou 1 à −0,070, trou 2 à +0,070.
Formule
écart = 2 × |Δ − s| avec |s| ≤ jeu
Substitution
s = 0 : tout déplacement aggrave l’un des deux
Résultat
Ø0,140 et Ø0,140
Non conforme. Ajouter le jeu au diamètre permis, 0,130 + 2 × 0,020 = 0,170, l’aurait acceptée à tort.
Pièce 1 : deux trous décalés du même côté
La pige de B vient contre la paroi de l’alésage : les deux axes rentrent dans leur zone.
Pièce 2 : entraxe trop long
Rapprocher un axe de sa zone éloigne l’autre : la mobilité ne corrige pas un entraxe.
Légende : Zone de tolérancePalpageNon conforme
Hypothèses et unités de la figure
- Échelle
- Écarts amplifiés : 1 mm = 300 unités.
- Calcul
- Déplacement commun s, |s| ≤ jeu, qui minimise le plus grand écart (fonction deplacementSousJeu, testée).
- Statut
- Graphique : redessiné. Technique : validé (v1.0).
Un déplacement, pas une tolérance. Le jeu de la référence déplace tout le calibre d’un bloc : le même mouvement vaut pour tous les éléments jugés ensemble. Il ne s’ajoute pas à la tolérance de chacun. Sur ces deux pièces, B centré, le plus grand écart est le même, Ø0,140 ; seule la première est bonne.
Sur la machine
- Sans mobilité d’abord. Référence B : l’axe du plus grand cylindre inscrit. Si tout est conforme ainsi, la pièce l’est : la mobilité ne peut qu’aider.
- Le jeu. Sinon, calculer la taille virtuelle de la référence, puis son jeu, à partir du plus grand cylindre inscrit mesuré.
- Un seul déplacement. Chercher un déplacement du repère, dans la limite du jeu, qui ramène tous les éléments dans leur zone : un ajustement sous contrainte, que le logiciel doit savoir faire.
- Le rapport. Y noter la taille virtuelle de la référence, le jeu, et le déplacement retenu.
Trois vérifications, quel que soit le logiciel :
- la référence est bien une entité dimensionnelle ;
- la mobilité est traitée comme un déplacement commun, et non ajoutée à chaque tolérance ;
- les éléments jugés ensemble le sont dans le même déplacement.
À défaut d’un logiciel qui sache le faire, deux voies sûres : le calibre fonctionnel, ou l’évaluation sans mobilité. La seconde est plus sévère : elle peut refuser une pièce bonne, jamais en accepter une mauvaise.
Erreurs fréquentes
| Erreur | Pourquoi c’est incorrect | Correction |
|---|---|---|
| Ajouter le jeu de la référence à chaque tolérance | Le jeu est un déplacement commun, pas un bonus | Un seul déplacement du repère, limité au jeu |
| Ignorer M sur la référence | Le contrôle devient plus sévère que le plan : des pièces bonnes sont refusées | L’accepter comme premier tri ; reprendre les refus avec la mobilité |
| Lire M après une référence prise sur une face | Une face n’a pas de taille : pas d’état virtuel | Signaler l’indication au bureau d’études |
| Prendre la taille au maximum de matière pour la pige, sans regarder la règle G | Une tolérance géométrique de la référence peut changer sa taille virtuelle | Chercher une tolérance suivie du symbole sur l’élément de référence |
- M après une lettre de référence : la référence devient une pige de taille fixe, à l’état virtuel.
- Sa taille : la taille au maximum de matière, corrigée d’une tolérance géométrique dans les cas de la règle G.
- Le jeu vaut la moitié de l’écart entre la taille réelle et la taille virtuelle.
- Il déplace le repère d’un bloc : il rattrape un décalage d’ensemble, pas une erreur entre éléments.
- Sur MMT : évaluer d’abord sans mobilité ; ne jamais ajouter le jeu aux tolérances.
Voir aussi
- Chapitres : 6 — Élément associé · 8 — Axe de référence · 16 — Groupe d’éléments, CZ · 22 — État virtuel, bonus · 25 — Association
- Annexes : C · E · F