Partie E · Tolérances de position · Chapitre 16
Localisation Position
La localisation dit où doit se trouver un élément : l’axe d’un trou, un plan médian, un point. Sa zone est fixée par des cotes encadrées et par des références : elle ne se déplace pas, elle ne s’incline pas. C’est la tolérance des assemblages.Le maximum de matière, souvent associé à la localisation, est traité au chapitre 22.
Voir et manipuler :Vidéo · 1 min 50 sAnimation · Forme, orientation, positionAnimation · Localisation et M
- Famille
- Position
- Référence
- En général : une à trois
- Zone de tolérance
- Cylindre de diamètre t, deux plans distants de t ou sphère, centrés sur la position théorique
- Élément tolérancé
- Ligne médiane, plan médian, point, surface plane
Publié · version 1.0 · 17 octobre 2026. Validé par l’éditeur : 9 valeurs recalculées à chaque construction, liens et cohérence vérifiés. Pour une décision contractuelle, la règle se lit dans le texte de la norme.
Sur cette page
- ANom et symbole
- BPourquoi utiliser cette tolérance ?· approfondi
- CDéfinition simple
- DZone de tolérance
- EExemple sur un plan 2D
- FExemple en 3D· approfondi
- GConforme, non conforme
- HRéférences· approfondi
- IMéthodes de contrôle· approfondi
- JApplication CMM / MMT· approfondi
- KExemple numérique
- LErreurs fréquentes· approfondi
- MÀ retenir
La tolérance en vidéo
Localisation en 1 min 50 s
Valeurs d’illustration calculées par les fonctions testées de l’encyclopédie ; sous-titres, chapitres et transcription ci-dessous.Chapitres
Transcription
0:00 Où un trou peut-il se trouver pour que la vis entre encore ? Localisation. Une tolérance de position : elle place un élément, souvent un trou, par rapport à un système de références.
0:11 La localisation sert à placer un élément là où la pièce voisine l’attend : des trous qui doivent recevoir des vis ou des goujons. Les positions nominales sont des cotes encadrées, exactes, prises depuis les références. Et la zone est un cylindre : elle admet le même écart dans toutes les directions.
0:29 Le cadre se lit de gauche à droite. Le symbole de localisation. Puis la zone : le signe diamètre annonce un cylindre de 0,1 ; la lettre M cerclée appelle le maximum de matière. Enfin les références A, B et C, dans l’ordre où la pièce est mise en position.
0:47 L’axe du trou est décalé de 0,058 en X et de 0,047 en Y. L’écart se lit en diamètre : 0,149. C’est plus que 0,1 : sans modificateur, le trou serait refusé. Mais il mesure 8,06 ; au maximum de matière, la zone grandit du bonus, 0,06, jusqu’à 0,16. Le trou est accepté.
1:13 Le bonus vaut la taille mesurée moins le maximum de matière : 0,06. La tolérance permise atteint 0,16 ; incertitude déduite, l’acceptation va jusqu’à 0,1584. Le trou est conforme : un calibre tampon de 7,9, l’état virtuel, y entrerait.
1:34 À retenir. Les positions nominales sont des cotes encadrées, prises depuis les références. La zone est un cylindre : l’écart se lit en diamètre. Et au maximum de matière, un trou plus grand que son minimum gagne un bonus de position.
Nom et symbole
Français : localisation. Anglais : position ; l’usage ASME dit aussi true position. Symbole : un cercle traversé par une croix .
Symbole
Localisation : la caractéristique contrôlée.
Valeur t (mm)
Ø devant la valeur : zone cylindrique, pour un axe. 0,2 est un diamètre : l’axe s’écarte de 0,1 au plus.
Références
A, B, C, dans l’ordre de mise en position.
Pourquoi utiliser cette tolérance ?
On spécifie une localisation quand la fonction dépend de l’endroit où se trouve un élément par rapport à d’autres : pour que des pièces se montent, s’alignent ou se centrent.
| Fonction protégée | Si la localisation est mauvaise | Exemple générique |
|---|---|---|
| Montage de plusieurs vis ou goujons | Une vis ne passe pas, ou force et se déforme | Bride, couvercle, carter |
| Mise en position par pions | La pièce se monte de travers, ou ne se monte pas | Pions de centrage, douilles |
| Alignement de deux alésages | L’arbre force ; usure, échauffement | Paliers en ligne, charnière |
| Matière restante près d’un bord | Paroi trop mince, amorce de rupture | Trou près d’un chant, oreille de fixation |
Quatre vis traversent un couvercle et se vissent dans un carter. Chaque vis doit trouver son trou en face de son taraudage. Ce qui compte, c’est la distance entre chaque axe et sa place théorique, quelle que soit la direction : le besoin est circulaire, la zone aussi.
Définition simple
Que contrôle réellement cette tolérance ?
La distance entre l’élément réel et sa position théoriquement exacte, donnée par des cotes encadrées depuis les références. Pour un axe, elle limite aussi son inclinaison et sa courbure : c’est tout l’axe qui doit rester dans la zone. Pas le diamètre du trou.
Décalé
Conforme L’axe est décalé, mais il reste dans la zone sur toute sa longueur.
Incliné
Non conforme L’inclinaison compte : l’axe sort de la zone à la sortie du trou.
Courbé
Non conforme La forme de l’axe compte aussi : il sort de la zone au milieu.
Légende : Zone de toléranceÉlément réelGéométrie théoriqueMatièreNon conforme
Hypothèses et unités de la figure
- Vue
- Coupe par l’axe du trou ; la face A, en bas, porte l’indicateur de référence.
- Unités
- Aucune : schéma de principe. La largeur de zone (Ø t) et les écarts de l’axe sont amplifiés environ 100 fois par rapport à l’épaisseur.
- Hypothèses
- Zone cylindrique Ø t d’aplomb sur A, à sa position théorique ; seule la ligne médiane extraite est jugée, pas le diamètre du trou.
- Statut
- Graphique : redessiné. Technique : validé (v1.0).
La localisation contient donc l’orientation de l’axe et sa rectitude : une perpendicularité ou une rectitude n’ajoute une exigence que si sa valeur est plus petite. Elle ne dit rien du diamètre : la cote de taille reste une exigence à part.
Zone de tolérance
Coupe par l’axe du trou
La zone traverse toute l’épaisseur. Elle ne se déplace pas et ne s’incline pas : A, B, C et les cotes encadrées la tiennent.
Vue suivant l’axe
Vue de dessus, la zone est un disque centré sur la position théorique. Tous les centres de l’axe doivent y tenir.
Légende : Zone de toléranceÉlément réelGéométrie théoriqueRéférenceMatière
Hypothèses et unités de la figure
- Unités
- Plaque et trou à l’échelle commune de 6 unités par millimètre (trou Ø8, épaisseur 12) ; zone et écarts amplifiés.
- Axes
- Vue de droite : X depuis le chant C (vers la droite), Y depuis le chant B (vers le haut).
- Hypothèses
- Cotes 20 et 15 théoriquement exactes (encadrées) ; zone cylindrique d’aplomb sur A.
- Statut
- Graphique : redessiné. Technique : validé (v1.0).
Ligne médiane, valeur précédée de Ø. La zone de tolérance est limitée par un cylindre de diamètre t, dont l’axe est à la position théoriquement exacte de l’élément par rapport aux références. La ligne médiane extraite doit y être contenue.
Plan médian, surface plane, point. La norme traite aussi ces trois cas : deux plans parallèles distants de t, ou une sphère de diamètre t, centrés sur la position théorique. Le laboratoire calcule ces trois cas à partir de mesures de MMT (laboratoire).
Rapporté d’après les sources publiques de la norme (registre N01) ; en cas de litige, le texte officiel fait foi.
| Propriété | Pour la localisation |
|---|---|
| Forme | Cylindre si la valeur est précédée de Ø ; espace entre deux plans sinon ; sphère pour un point |
| Orientation | Imposée par les références |
| Localisation | Imposée : la zone est centrée sur la position théorique |
| Limites | t est un diamètre ou une largeur totale : l’élément s’écarte de t ÷ 2 au plus |
| Élément tolérancé | Indication | Zone de tolérance |
|---|---|---|
| Axe d’un trou, d’un pion | Ø devant la valeur | Cylindre de diamètre t |
| Axe, dans une seule direction | Valeur sans Ø ; direction indiquée : chapitre 13 | Deux plans distants de t |
| Plan médian d’une rainure, d’un tenon | Valeur sans Ø | Deux plans distants de t |
| Surface plane | Valeur sans Ø | Deux plans distants de t |
| Centre d’une sphère | SØ devant la valeur | Sphère de diamètre t |
Groupe d’éléments. Une indication telle que « 4× » applique le cadre à quatre éléments. Par défaut, les zones sont indépendantes : chacune est tenue par les références du cadre, pas par les autres zones. Le modificateur CZ, zone combinée, lie les zones entre elles en orientation et en position ; CZR ne les lie qu’en orientation ; SIM réunit plusieurs cadres en une seule exigence.
Rapporté d’après les sources publiques de la norme (registre N04) ; en cas de litige, le texte officiel fait foi.
Plans antérieurs à 2018. L’édition 2018 a supprimé une exception au principe d’indépendance, sur laquelle reposait l’édition 1998 (Petr K., MM Science Journal, 2020 ; Humienny Z., Applied Sciences, 2021). Devant un groupe sans modificateur sur un plan plus ancien, poser la question au bureau d’études.
Vocabulaire. La position théorique se nomme true position ; les cotes encadrées, basic dimensions.
Élément tolérancé. La position ne s’applique qu’à une entité dimensionnelle : trou, pion, rainure, tenon. Une surface plane se situe par un profil de surface. Pour un axe, ASME juge l’axe de l’enveloppe d’accouplement, ISO la ligne médiane extraite : chapitre 14.
Groupes. Des cadres qui citent les mêmes références dans le même ordre forment par défaut une exigence simultanée ; la note SEP REQT les sépare. Un cadre composite, à deux lignes sous un seul symbole, situe le groupe par sa première ligne et resserre les éléments entre eux par la seconde.
Rapporté d’après les sources publiques de la norme (registre N21) ; en cas de litige, le texte officiel fait foi.
Exemple sur un plan 2D
Vue de face
Vue de côté
Légende : Géométrie théoriqueRéférenceMatière
Hypothèses et unités de la figure
- Unités
- Millimètres. Plaque, trous et cotes à l’échelle (3,5 unités par millimètre).
- Hypothèses
- Trous débouchants ; aucune autre exigence n’est représentée ; tolérance générale du cartouche sans effet sur les cotes encadrées.
- Statut
- Graphique : redessiné. Technique : validé (v1.0).
- 14× : le cadre vaut pour les quatre trous. Chacun a sa zone.
- 2Ø8 H8 : cote de taille. Le cadre lui est accolé : la tolérance porte sur l’axe.
- 3Symbole : tolérance de position, localisation.
- 4Ø0,2 : zone cylindrique de 0,2 de diamètre.
- 5A, B, C : A oriente les zones ; B, puis C les situent.
- 6Cotes encadrées : 20 puis 40 depuis C, 15 puis 30 depuis B. Elles n’ont pas de tolérance.
- 7Triangles : B sur le chant inférieur, C sur le chant gauche, A sur la grande face.
Aucune cote ± ne situe les trous : toute la tolérance de position est dans le cadre. La tolérance générale du cartouche ne s’applique pas aux cotes encadrées.
Exemple en 3D
Légende : Zone de toléranceÉlément réelGéométrie théoriqueMatière
Hypothèses et unités de la figure
- Projection
- Cavalière : X à droite, Y en fuite à 35° (réduction 0,7), Z vers le haut ; 3,6 unités par millimètre pour la plaque.
- Simplification
- Zones prolongées au-delà des faces pour être visibles ; diamètre de zone amplifié (Ø0,2 représenté par Ø5,2 environ).
- Statut
- Graphique : redessiné. Technique : validé (v1.0).
Conforme, non conforme
Trou 4 : axe dans la zone
Conforme : Ø0,106 ≤ Ø0,2
Entrée Ø0,079 · sortie Ø0,106
Trou 2 : axe hors de la zone
Non conforme : Ø0,222 > Ø0,2
Entrée Ø0,222 · sortie Ø0,222
Trou incliné : sortie hors zone
Non conforme : Ø0,216 > Ø0,2
Entrée Ø0,045 · sortie Ø0,216 · milieu Ø0,086
Légende : Zone de toléranceÉlément réelGéométrie théorique
Hypothèses et unités de la figure
- Unités
- Écarts en millimètres, dans le repère A, B, C ; ΔX vers la droite, ΔY vers le haut.
- Calcul
- Écart d’une section = 2 × √(ΔX² + ΔY²) ; résultat du trou = la plus grande des deux sections (fonction
ecartLocalisation, testée). - Données
- Trous 2 et 4 : écarts publiés. Les écarts ΔX, ΔY du troisième trou de la figure 16.6 ne sont pas publiés : ces coordonnées sont construites pour reproduire ses trois valeurs publiées (entrée Ø0,045, milieu Ø0,086, sortie Ø0,216), l’axe étant supposé droit.
- Statut
- Graphique : redessiné. Technique : validé (v1.0).
Références
| Question | Réponse |
|---|---|
| Une référence est-elle nécessaire ? | En général, oui. Un groupe lié par CZ peut s’en passer : seules comptent alors les distances entre ses éléments. |
| Que fait chaque référence ? | A, plane, oriente les axes. B arrête une translation et la dernière rotation, C la dernière translation : ce sont elles qui situent. |
| L’ordre compte-t-il ? | Oui. Deux chants ne sont jamais d’équerre : l’exemple du chapitre 8 passe de Ø0,08 à Ø0,15 quand B et C échangent leur rang. |
Deux questions à ne pas confondre. « Les trous sont-ils à leur place sur la pièce ? » se juge depuis A, B, C. « Sont-ils à leur place les uns par rapport aux autres ? » se juge sur le groupe lié. Un assemblage par vis demande souvent les deux : une valeur large pour situer le groupe, une valeur serrée pour ses entraxes.
1 · A seul, sans CZ Ø0,2A
Chaque zone est d’aplomb sur A. Sa place est libre : les quatre trous ne sont liés à rien.
2 · A, B et C Ø0,2ABC
Chaque zone est fixée par ses cotes encadrées depuis B et C. Un trou décalé sort de sa zone.
3 · A seul, avec CZ Ø0,2 CZA
Les zones sont liées entre elles par les cotes encadrées. Le groupe se déplace d’un bloc.
Légende : Zone de toléranceÉlément réelGéométrie théoriqueRéférence
Hypothèses et unités de la figure
- Données
- Écarts de la pire section de chaque trou (rubrique K). Panneau 3 : déplacement d’ensemble calculé par la plus petite zone commune (fonction
ajustementGroupe, testée). - Simplification
- Plaque à 2,25 unités par millimètre ; zones et écarts amplifiés de la même façon.
- Statut
- Graphique : redessiné. Technique : validé (v1.0).
Méthodes de contrôle
| Méthode | Principe | Bien adaptée à | Limite principale |
|---|---|---|---|
| Calibre fonctionnel | Piges aux positions théoriques ; semelle et butées matérialisent les références | Séries, exigence au maximum de matière : chapitre 22 | Verdict sans valeur ; un calibre par modèle de pièce |
| Marbre, piges et colonne de mesure | Cotes X et Y relevées depuis les références, puis calcul de l’écart | Pièces prismatiques, atelier | Montage qui matérialise les références ; inclinaison de l’axe mal vue |
| MMT | Références relevées dans l’ordre du cadre, puis axes des trous évalués dans ce repère | Tous les cas | Résultat lié au repère, à son ordre et à l’élément évalué |
| Machine de vision, projecteur de profil | Contours relevés sur une face, sans contact | Pièces minces, petits trous | Une seule face : l’inclinaison de l’axe échappe |
Calibre fonctionnel
La pièce monte : conforme. Aucune valeur.
Marbre, pige et colonne de mesure
Deux cotes par trou, puis 2 × √(ΔX² + ΔY²).
Légende : MatièrePalpageGéométrie théorique
Hypothèses et unités de la figure
- Simplification
- Schémas de principe ; montages de bridage non représentés.
- Lien
- Le calibre au diamètre de l’état virtuel suppose l’exigence du maximum de matière (chapitre 22).
- Statut
- Graphique : redessiné. Technique : validé (v1.0).
Application CMM / MMT
Relevé de la plaque
A : points répartis sur la grande face. B : quatre points sur le chant avant. C : deux points sur le chant gauche.
Un trou, en coupe
C’est aux extrémités que l’axe s’écarte le plus : une section près de chaque face.
Légende : PalpageRéférenceGéométrie théoriqueMatière
Hypothèses et unités de la figure
- Nombre de points
- Illustratif : il ne constitue pas une stratégie recommandée (voir le tableau de la rubrique J).
- Unités
- Coupe : épaisseur 12 mm et sections à 2 mm des faces, à l’échelle 10 unités par millimètre.
- Statut
- Graphique : redessiné. Technique : validé (v1.0).
- Plan A, la grande face : 3 degrés de liberté.
- B, puis C, les chants : 2 degrés, puis 1.
- Trous : deux sections par trou, au moins.
- Évaluation : repère A, B, C ; pire section de l’axe.
- Résultat : un diamètre, 2 × la distance.
| Paramètre | Recommandation |
|---|---|
| Élément | Trois plans pour A, B et C ; un cylindre par trou, relevé par sections. |
| Stratégie | Références d’abord, dans l’ordre du cadre et sur toute leur étendue. Pour chaque trou, une section près de chaque face : c’est aux extrémités que l’axe s’écarte le plus. |
| Nombre de points | Deux sections donnent une droite : assez pour la position et l’inclinaison de l’axe, pas pour sa courbure. Trois sections ou plus dans un trou profond. |
| Scanning, filtre | Scanning utile pour le centre de chaque section. Filtre et points écartés à justifier et à tracer. |
| Stylet | Touche assez longue pour atteindre la sortie du trou sans que la tige frotte. |
| Construction | Centre de chaque section. Aucun élément construit à la place des références. |
| Alignement | Le repère du cadre : A, puis B, puis C. Pas l’alignement de base de la pièce s’il est différent. |
| Association | Références : critère noté dans la gamme. Trou : un cercle par section, pour en tirer le centre. |
| Évaluation | Pour chaque section, 2 × la distance du centre à la position théorique. Le résultat du trou est la plus grande de ces valeurs. |
Quatre vérifications, quel que soit le logiciel :
- le repère d’évaluation est celui du cadre, références prises dans l’ordre ;
- ce qui est évalué : l’axe sur toute sa longueur, et non le centre d’un seul cercle ;
- la valeur affichée : un écart diamétral, 2 × la distance, et non la distance elle-même ;
- aucun ajustement d’ensemble du groupe, sauf si le plan lie les zones par CZ.
Un ajustement d’ensemble non demandé efface le déplacement du groupe : le résultat devient trop favorable.
Exemple numérique
Données
Quatre trous, Ø0,2ABC. Deux sections par trou, à 2 mm de chaque face. U = 0,005 mm, valeur fictive.
Calcul
Écart d’une section = 2 × √(ΔX² + ΔY²), dans le repère A, B, C. Par trou, la pire des deux sections.
Résultat
Trou 2 : Ø0,222 mm. Les trois autres : de Ø0,106 à Ø0,182.
Décision
Trou 2 : 0,222 − 0,005 = 0,217 mm > 0,2 mm : non conforme.
Trou 4 · Ø0,106 (sortie)
entrée 35 ; 18
sortie 47 ; 24
Trou 3 · Ø0,164 (entrée)
entrée 31 ; 76
sortie 39 ; 66
Trou 1 · Ø0,182 (sortie)
entrée 75 ; 22
sortie 85 ; 32
Trou 2 · Ø0,222 (entrée)
entrée 83 ; 74
sortie 75 ; 82
Légende : Zone de toléranceÉlément réelGéométrie théorique
Hypothèses et unités de la figure
- Données
- Écarts publiés, repère A, B, C.
- Calcul
- Pire des deux sections, 2 × √(ΔX² + ΔY²) — recalculé par
tests/calc.test.mjs. - Statut
- Graphique : redessiné. Technique : validé (v1.0).
Règle de décision appliquée dans cet exemple : le résultat, diminué de U, dépasse la tolérance (non conforme) ; augmenté de U, il reste dans la tolérance (conforme). C’est la « règle simple » du chapitre 10 ; la règle par défaut d’ISO 14253-1 est présentée au chapitre 28.
Et si l’on jugeait le groupe seul ?
Les quatre écarts vont du même côté. On peut chercher le déplacement d’ensemble qui ramène le groupe au plus près de ses positions théoriques : c’est ce que demanderait un cadre portant CZ et la seule référence A.
Depuis A, B, C : le groupe est déplacé
Flèches : écarts amplifiés (pire section). En pointillé : le groupe mesuré.
Les trous entre eux : groupe lié, libre dans le plan
Déplacement du groupe : +0,059 en X, +0,051 en Y, rotation 1,2 µm/mm. Une fois ce déplacement retiré, les huit centres tiennent dans Ø0,019.
Légende : Zone de toléranceÉlément réelGéométrie théoriqueRéférence
Hypothèses et unités de la figure
- Modèle
- Déplacement rigide plan : translation (tx, ty) et petite rotation autour du barycentre des positions théoriques (40 ; 30).
- Critères
- Plus petite zone commune (minimax) : Ø0,019 ; moindres carrés : Ø0,022. Fonction
ajustementGroupe, testée contre les valeurs publiées (Ø0,019 et Ø0,022 ; 0,059 ; 0,051 ; 1,2 µm/mm). - Usage
- Diagnostic seulement : le plan cite A, B, C ; aucun ajustement d’ensemble n’est permis pour le verdict.
- Statut
- Graphique : redessiné. Technique : validé (v1.0).
Un diagnostic, pas un verdict. Le plan cite A, B, C : le trou 2 est non conforme, et aucun ajustement ne le rattrape. Mais l’analyse du groupe dit où chercher : le perçage est juste à Ø0,019 près ; c’est sa mise en position qui est décalée de 0,059 et 0,051, et tournée de 1,2 µm/mm. La correction porte sur l’origine du programme d’usinage, pas sur l’outil.
Le critère compte ici aussi : ajusté aux moindres carrés, le même groupe donne Ø0,022 au lieu de Ø0,019. Huit centres suffisent à l’exemple, pas à un contrôle réel.
Lecture du résultat dans un rapport
| Caractéristique | Nominal | Mesuré | Tolérance | Écart | Statut |
|---|---|---|---|---|---|
| Localisation, trou 1 / A, B, C | Ø0 | Ø0,182 | Ø0,200 | −0,018 | Dans la tolérance |
| Localisation, trou 2 / A, B, C | Ø0 | Ø0,222 | Ø0,200 | +0,022 | Hors tolérance |
| Localisation, trou 3 / A, B, C | Ø0 | Ø0,164 | Ø0,200 | −0,036 | Dans la tolérance |
| Localisation, trou 4 / A, B, C | Ø0 | Ø0,106 | Ø0,200 | −0,094 | Dans la tolérance |
Statut du rapport ou décision ? La colonne « Statut » compare le résultat à la tolérance, sans l’incertitude. La décision de conformité, elle, en tient compte : voir la décision ci-dessus et le chapitre 28. Résultat à donner avec les références, dans l’ordre du cadre.
Erreurs fréquentes
| Erreur | Pourquoi c’est incorrect | Correction |
|---|---|---|
| Annoncer la distance au lieu du diamètre | La zone est centrée : sa valeur est un diamètre | 2 × la distance à la position théorique |
| Comparer ΔX et ΔY à la moitié de la tolérance | C’est juger une zone carrée, qui n’est pas celle du plan | Calculer 2 × √(ΔX² + ΔY²) |
| Relever un seul cercle par trou | L’inclinaison de l’axe échappe | Une section près de chaque face |
| Évaluer dans l’alignement de base | Le cadre impose ses références et leur ordre | Construire le repère A, B, C du cadre |
| Ajuster le groupe sans y être invité | Le déplacement d’ensemble disparaît du résultat | Ajustement seulement si le plan porte CZ |
| Appliquer la tolérance générale aux cotes encadrées | Une cote théorique n’a pas de tolérance | Lire la tolérance dans le cadre |
| Convertir Ø0,2 en ± 0,1 | Les coins de ce carré sont à Ø0,28 du centre | Carré inscrit dans la zone : ± 0,07 |
À retenir
- La localisation limite l’écart d’un élément à sa position théorique, donnée par des cotes encadrées depuis les références.
- Zone d’un axe : un cylindre Ø t, fixe. L’axe doit y tenir d’un bout à l’autre, orientation et forme comprises.
- La valeur est un diamètre : écart = 2 × √(ΔX² + ΔY²).
- A oriente, B et C situent. Leur ordre change le résultat.
- Groupe : en ISO, zones indépendantes par défaut ; CZ les lie entre elles.
- Sur MMT : repère du cadre, deux sections par trou, aucun ajustement d’ensemble non demandé.
Voir aussi
- Comparaisons : Localisation ou cotes ± · Localisation ou coaxialité
- Chapitres : 4 — Lire un cadre de tolérance · 7 — Six degrés de liberté · 8 — Références particulières · 14 — Perpendicularité · 17 — Coaxialité, symétrie · 22 — Maximum de matière
- Annexes : B · C · D · E · R · S
- Outil : calculateur de localisation sur coordonnées de MMT